fêler


fêler

fêler [ fele ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1422; °faieler XIIIe; lat. flagellare « frapper »
Fendre (un objet cassant) sans que les parties se disjoignent. Fêler une assiette. Pronom. Le vase s'est fêlé.

fêler verbe transitif (latin populaire fagellare, du latin classique flagellare, frapper) Fissurer, fendre un objet sans qu'il y ait disjonction des parties : Fêler un verre. Le choc a fêlé l'assiette. Littéraire. Altérer la pureté, la solidité de quelque chose, d'une relation : Ce sinistre événement avait fêlé notre amitié.fêler (synonymes) verbe transitif (latin populaire fagellare, du latin classique flagellare, frapper) Fissurer, fendre un objet sans qu'il y ait disjonction des...
Synonymes :

fêler
v. tr. Fendre (une matière, un objet cassant) sans que les morceaux se disjoignent. Fêler un vase.
|| v. Pron. Devenir fêlé.

⇒FÊLER, verbe trans.
A.— [Le compl. désigne un objet cassant] Fendre (quelque chose) sans que les parties se séparent. Fêler une assiette, un pot. Il ne faut pas exposer ce vase à la gelée, elle le fêlerait (Ac.). P. métaph. Le temps s'assombrissait, un éclair fêla la muraille des nuées, quelques gouttes tombèrent (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 90). L'ayant seule près de moi, vue sans le masque du visage, j'y remarquais, pour la première fois, les chagrins qui l'avaient fêlée au cours de la vie (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 135).
Emploi pronom. passif. [Le suj. désigne un objet cassant] Se fendre sans que les parties se séparent. Ce plat se fêlera si on l'approche trop du feu (Ac. 1932) :
... le souffle d'un 77 l'envoya rouler, mains sur la nuque; l'explosion lui claqua dans l'intérieur de la cervelle, à croire que son visage allait se fêler en dix morceaux...
MONTHERL., Songe, 1922, p. 153.
B.— P. métaph. et au fig., emploi pronom.
♦ [Le suj. désigne une production sonore] Avoir le timbre qui s'altère (comme celui d'une cloche fêlée). Par moments, les bruits semblaient se briser, le tapage se fêlait (ZOLA, E. Rougon, 1876, p. 357). La voix des clavecins s'est tue ou s'est fêlée (PROUST, Plais. et jours, 1896, p. 138).
Fam. [Le suj. désigne le siège de l'entendement] Être atteint par la déraison, par une certaine bizarrerie. À Paris, il n'y a pas de grande recette sans grande dépense. Toutes les fortes têtes s'y fêlent, comme pour donner une soupape à leur vapeur. Tous ceux qui gagnent beaucoup d'argent ont des vices ou des fantaisies, sans doute pour établir un équilibre (BALZAC, Comédiens, 1846, p. 345). L'esthétique de M. Mallarmé est de donner la sensation des idées avec des sons et des images. Ce n'est là, en somme, que la théorie des Parnassiens, mais poussée jusqu'à ce point où une cervelle se fêle (ZOLA, Doc. littér., 1881, p. 141).
Prononc. et Orth. :[] ou, p. harmonis. vocalique, [fele], (je) fêle []. C'est l'accent circonflexe et l'infl. de la forme conjuguée (accentuée) qui tendent à maintenir [] dans l'inf. Enq. : el, (D) /(il se) fêle. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. XIIIe s. faelé « lézardé » (Aucassin et Nicolette, éd. M. Roques, p. 14, 32); de nouv. 1483 feller « fendre un objet cassant sans que les parties se disjoignent » (Inventaire des Biens de Charlotte de Savoie ds Bibl. de l'École des Chartes, 6e série, t. 1, 1865, p. 428). Prob. du lat. vulg. fagellare, issu par dissimilation du lat. class. flagellare « fouetter, battre » (v. flageller); cf. FEW 3, 595b; v. aussi EWFS2. Fréq. abs. littér. :25.

fêler [fele] v. tr.
ÉTYM. 1423, au p. p. fellé; faieler, faelé au XIIIe; du lat. pop. fagellare, du lat. flagellare « frapper », de flagellum « fouet », de flagrum; ou (Guiraud) d'une forme fragellare « briser », du lat. frangere. → Fragile.
1 Fendre (un objet cassant) sans que les parties se disjoignent. || Fêler une assiette en la posant trop brutalement. || Fêler une vitre, une glace, un vase (→ Briser, cit. 31).
Pron. Être atteint d'une fêlure. || La glace s'est fêlée. || Ne mettez pas ce plat au feu, il va se fêler.
Par métonymie (d'un son). Rare et littér. || Son qui fêle le silence, qui le rompt, le trouble légèrement. (Surtout pron.). Prendre un timbre altéré, comme une cloche fêlée. || Bruit, voix qui se fêle.
0.1 Aux Augustines, que ne trouble pas le vacarme des Augustins, j'ai du moins le recours de ces menus bruits qui fêlent plutôt qu'ils ne rompent le silence et grâce auxquels on peut rester à l'écoute de soi-même sans sombrer dans le vertige que l'absence de toute liaison par le canal de l'oreille entraînerait infailliblement.
Michel Leiris, Frêle bruit, p. 111.
2 Rendre brouillé, confus (la tête, l'esprit). || Le choc lui a fêlé la cervelle, l'esprit.Pron. || Tête, cervelle qui se fêle.
1 Il se sentait la tête bourdonnante et fragile, prête à se fêler au moindre choc.
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 90.
——————
fêlé, ée p. p. adj.
ÉTYM. (fellé, 1423).
1 Qui présente une fêlure, des fêlures. || Une assiette fêlée et ébréchée. || Pot fêlé qui fuit. || Vase fêlé (→ Fêlure, cit. 4.1). || Un son de cloche fêlée.N. m. || Vase qui sonne le fêlé.
2 (…) le meilleur thé du monde, dans une théière bien modeste et bien fêlée (…)
Baudelaire, la Fanfarlo, Pl., p. 394.
3 (…) la glace du petit salon rouge était fêlée, partout les pots à eau et les cuvettes s'ébréchaient (…)
Zola, la Terre, III, VI.
4 La faible voix sonnait comme un grelot fêlé, mais parvint cependant (…)
Gide, Isabelle, p. 76.
(XIXe). Par métonymie. Qui rend un son faux, mat. || Voix fêlée (→ Cristal, cit. 12), son fêlé.
5 En ce moment, l'horloge éleva sa voix grêle et fêlée. Minuit sonna.
Hugo, Notre-Dame de Paris, IX, I.
2 Avoir la tête, le cerveau, le timbre un peu fêlé : être un peu fou (→ Après, cit. 19).
(1645). Qui n'a pas tout son bon sens. || Il est un peu fêlé. Détraqué (fam.), piqué (fam.), timbré (fam.).
6 Et si je n'avais pas rencontré Célia, je n'aurais jamais découvert que j'étais fêlé de partout.
Régis Debray, l'Indésirable, p. 225.
DÉR. Fêlure.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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